Le rigodon est une danse traditionnelle, historiquement populaire, que nous pouvons situer dans les régions que l’on nomme actuellement : Isère, Hautes-Alpes, Drôme, Alpes-de-Haute-Provence et Ardèche. On ne trouve pas de danse pareil en France métropolitaine, plus ressemblante à certaines danses Italiennes. Elle était principalement accompagnée au violon, ou par des ritournelles chantées.
Mais toute bonne transmission commence par une citation, n’est-ce pas ?
Peu d’éléments permettant une réelle analyse, un réel » état des lieux » du rigodon des Alpes.
Véronique Elouard, danseuse, chorégraphe, enseignante et chercheuse en danse renaissance, baroque et traditionnelle.
Deux solutions s’offrent alors à nous ; ne plus danser le rigodon par manque de sources et par peur de trahir une tradition. Ou bien choisir de le danser malgré tout, avec le peu de connaissances dont on dispose aujourd’hui, avec pour parti-pris l’interprétation et le risque.
L’atelier danse : un peu d’histoire, un peu de pas, surtout du jeu
Tous niveaux – Durée adaptable – Jauge relative au contexte et à la demande
Ma pédagogie se situe dans une démarche ancrée au présent. Je tire d’abord mes connaissances d’archives sonores et de traces manuscrites via les recueils folkloristes et autres carnets de vies, puis j’ai pu confronter ma pratique avec d’autre usager.es pratiquant.es. Je recherche surtout à piocher dans des éléments concrets du cadre de la danse pour mieux s’approprier le jeu, et pouvoir danser sans être dans une démarche de reproduction mais d’amusement.
Outre la pratique de la danse, des apports d’éléments contextuels et d’histoire sont prévus afin de mieux situer ce qu’est le rigodon. Nous aborderons quelques pas collectés, les questions de postures du corps, qu’est-ce qu’on fait de nos bras ? De nos mains ? Nous danserons ensuite plusieurs formes de rigodons.
La pratique du rigodon aujourd’hui comprend une forte part d’improvisation, interprétation personnelle. Chaque danseuse ou danseur va pouvoir danser à sa façon, selon son répertoire de pas et de variations.
L’important est de jouer avec ce qui nous plaît : pauses, silences, taper ou frotter les semelles sur le sol, jouer sur la hauteur, pointer ou talonner, croiser les pieds ou non, agrandir son pas, faire des tours sur soi ou des autres, être rigide ou dégingandé, s’autoriser un écart devant ou sur le côté. Tant que l’on fait avec ce qu’on est, on est juste !
Par 2, par 4, par 6, par 88 ou en cortège, le rigodon n’a pas fini de nous en faire découvrir.
L’atelier musique : un peu d’histoire, un peu d’oreille, surtout du groove
Nécessite d’être autonome sur son instrument – Durée adaptable – Maximum 15 personnes
Le principe de l’atelier n’est pas de transmettre simplement du répertoire (même si cela est possible sur demande), mais la compréhension particulière du groove, de la cadence, du son de l’instrument. L’attention est portée sur l’accord danse/musique, très important dans la pratique du rigodon. Comment être clair dans les intentions que nous donnons aux danseuses et danseurs pour les accompagner dans le jeu. Pour cela nous jouerons plusieurs rigodons avec chacun leurs spécificités et leurs implicites. Nous danserons aussi et si on veut on chantera, même !
Pratique orale fortement conseillée et encouragée mais des supports écris seront disponibles. Chacun.e sa temporalité et sa capacité à improviser, nous trouverons ensemble des clés pour surmonter les éventuels obstacles mais surtout aucun temps n’est jamais obligatoire.
Sources principales
Travaux de Jean-Michel Guilcher
Fiche inventaire du patrimoine culturel immatériel Rigodon, musique et danse

Le passeur

Nat’ grandit dans la lignée du mouvement folk revivaliste, dans des bals où se mêlent musique, danse et éducation populaire. Il apprend les musiques populaires avec son grand-oncle, avec lequel il joue depuis son enfance dans le groupe Not’ambule. Il s’installe à Grenoble en 2017 et s’intéresse au répertoire local d’abord avec le groupe Tartine. Il découvre les rigodons au détour d’un album de collectage et c’est un coup de foudre immédiat. Après une infinité d’écoutes, de lectures de rencontres, il commence à en proposer dans les bals, puis à animer des initiations et stages. Aujourd’hui il travaille avec le collectif Arthadie, la Cie du rigodon et Tèrwâ’.